La pensée binaire (02/11/12)

Le mode de pensée ambiant que relayent les différents médias repose sur une simplification et un appauvrissement extrême ; c’est un mode de pensée très binaire dont le but semble de nous faire adhérer au simulacre généralisé et par là à une réalité réduite à et par ce même simulacre.

C’est une pensée de l’adhésion systématique, de l’immédiateté de l’adhésion, une pensée qui ne peut s’offrir aucun recul : c’est une pensée réactive et réductrice sans temporalité.

C’est la pensée des extrêmes, de l’excès. C’est celle aussi de la colère, de l’emportement, mais aussi de l’impuissance, et qui s’exprime sur le registre de l’émotion et des affects.

Le langage « martyrisé » (pour reprendre l’expression de Stiegler) ne lui permet pas de prétendre à construire une altérité, ni d’assumer la part de l’Autre en soi.

C’est une pensée privée du symbolique, c’est une pensée angoissée par la perte. Elle ne laisse d’autre option que le fragment comme réponse à l’excitation quotidienne et comme fuite face à une altérité devenue invivable.

A la succession trépidante des fragments, réversibilité réactive du monde, le nouveau sujet répond par la fragmentation.

Ainsi se « délocalise »-t-il sans fin (avec sans doute l’angoisse de la finitude qu’il croit peut-être ainsi conjurer en brouillant les pistes) illustrant le principe quantique d’incertitude : si sa course fragmentaire est localisable dans l’instant, il ne peut en même temps être identifié, et encore moins par les fragments d’une pensée objectivée réduite à une injonction consumériste.

 

 

Marc Bozec.



02/11/2012
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