La mort du net? suite (25/02/13)

La mise à mal du présent au profit de l’immédiateté est un des traits de notre rapport actuel au temps, à la temporalité.

Il ne s’agit plus d’être présent, mais de réagir dans une immédiateté qui relève de la fulgurance, de l’éclat, du fragment et de la simultanéité.

La simultanéité de l’émission de signes écarte d’emblée toute forme d’échange véritable : on assiste à des tirs croisés dont les retombées fragmentaires neutralisent toute forme de localisation.

Le présent, la présence, aussi paradoxales que soient ces notions, impliquent la localisation et d’une certaine manière l’identification, la revendication à une identité, à une individualité, fut-elle celle du voyeur dissimulé.

Mais là, circulez, il y a trop à voir, au point que plus rien ne peut être vu et encore moins discerné.

L’aspiration à une chronologie repliée sur elle-même à l’infini totalement illisible puisque circonscrit dans l’immédiateté, vise à troubler les pistes d’un possible présent consenti et assumé.

Somme toute, l’annonce de la mort du net n’est rien d’autre que le rapport anticipé des attentats perpétrés en toute impunité contre l’idée même du temps. Et voire peut-être même une forme de suicide par le jeu  de la réversibilité.

Le Net voulu comme un espace d’accès immédiat à une infinité d’informations, s’est avéré être, et l’on pouvait le prévoir, une entité chronophage de premier ordre.

Le temps, dans la fréquentation de « la toile », est devenu en obstacle, et en même temps, un élément de la fascination face à l’écran par lequel ce même temps est dévoré puis aboli, par un effet hypnotique, limitant ainsi l’accès aux données.

Trop c’est trop, mais il va falloir trouver le moyen de faire exister le trop plein, le trop vu, le trop perçu. Et la solution semble être là, dans l’annonce de l’hyper profusion, du trop et de sa comptabilisation accélérée.

Ainsi, voici le retour d’une forme de pensée magique par laquelle on tenterait de se jouer définitivement du temps, en le saturant, en pratiquent un exorcisme numérique imparable : l’infini du nombre, insaisissable dans son expression, celui de la numération, circonscrits dans une modalité binaire infernale, fatale.

Dans l’injonction mathématique à produire du signe, avons-nous encore la possibilité de nous absenter ?

 

Marc Bozec.



25/02/2013
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