Fragmentation et esclavage(01/12/12)

La fragmentation induit une sorte d’auto-esclavage. La production de fragments devient une nécessité et l’ensemble diffus des multiples fragments comme la cohorte d’une superbe des derniers instants à venir.

La production de fragments lie le nouveau sujet comme le maître était lié à ses esclaves. A cela de différent qu’il n’est pas de lien entre le nouveau sujet et ses fragments.

Bien au contraire, cela se jouerait plutôt sur le registre de l’hécatombe, du sacrificiel.

Peut-être même est-ce là l’expression d’une apothéose de la part maudite évoquée par Bataille.

Le fragment procède de l’éviction de soi par soi, d’une économie de l’affranchissement virtuel par la disparition partielle et répétée.

La fragmentation est, on le sait, rythmée par le consumérisme ambiant qui n’a de cesse de clamer l’accès à une pseudo-différence, à la liberté par la virtualité scandée comme une volonté de puissance.

Il n’est guère étonnant alors que le nouveau sujet ne cherche en rien à être maître de  lui-même… Il lui reste l’illusion de la maîtrise de la production de fragments.

Et en ce que cette production fonctionne sur le mode réactif de l’immédiateté, cette illusion risque de ne pas faire long feu.

 

Marc Bozec.



01/12/2012
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