externalisation? (23/07/13)

La fragmentation procède, nous l’avons dit, de la dispersion. Elle concourt à une extraction du sujet par lui-même et à la production de fragments-écrans.

On peut lire l’évolution de l’homme à travers une constante extériorisation technique qui a toujours fait de lui, nous dit-on, un « être augmenté ». D’aucuns , cautionnant à l’excès  ce constat, ont une foi en la notion de trans, puis de post-humain et en une forme de libération cognitive qu’assureraient les technologies de l’informatique. (Voir à ce sujet l’article critique de Julien Gautier : « petite poucette : la douteuse fable de Michel Serres » sur le site « ars industrialis »)

La revendication du moment est de se libérer de tout et de  tout libérer, y compris de se libérer de soi.

A quoi bon alors le « cognitus » ?

Il suffirait de connections exécutoires susceptibles de réagir aux pulsions du sujet pour lui apporter une réponse jouissive dans l’instant même de sa demande.

Un bon « capitalisme cognitif » bien mené suffirait alors : tout se réduisant à une connectique, à des flux de fragments en mouvement permanent, à des impacts, à des actes de consommation, le tout orchestrant des comportements addictifs générés par des ciblages pertinents.

Si « l’externalisation technique » est le fait de l’homme en évolution, « l’externalisation humaine » est-elle le fait implacable de l’évolution technique ?

Réversibilité de la part maudite : l’humain comme externalisation de la technique. Pourquoi pas ?

Par ailleurs, l’externalisation des savoirs, de la mémoire par le support informatique induit une perte de liberté indubitable (voir l’article : « big data is watching you » sur ce blog).

Alors de quoi peut bien libérer la « libération cognitive » si ce n’est de la conscience d’être et de devoir être ? Il serait peut-être temps d’en délibérer…

 

 

Marc Bozec.



24/07/2013
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