dieudonné (08/01/14)

« Les racistes sont des gens qui se trompent de colère. »

 

Léopold Sédar Senghor.

 

Mais que faire de la diatribe de Dieudonné ? Ce sinistre personnage,( fut-il humoriste), est comme une poussée exacerbée d’une copie carbone froissée  de notre société : rien qui soit vraiment lisible ou décidable si ce n’est l’excès et la poussée inquiétante des extrêmes.

Il y a du vide dans notre système qui tourne en apesanteur, en orbite autour de valeurs qui n’ont plus cours et qui cherche désespérément par le simulacre à nous faire croire que nous n’avons pas encore été absorbés par une sorte de réalité intégrale. A force du « tout se vaut », plus rien ne se distingue : les réactions sont du ressort de la fragmentation et n’ont de valeur que dans l’immédiateté de leur expression. Pire, la justice semble ne plus être en mesure de museler quelque dérive que ce soit.

Le paradoxe est que parler de l’humoriste, c’est pour partie lui conférer un peu plus de « notoriété », s’opposer à lui, c’est le légitimer, lui tendre le blanc seing du victimat et de la procédure.

 D’où que l’on regarde, il s’en tire  plutôt bien, et c’est cela qui est insupportable.

Peut-être, comme le disait B Stiegler, aurait-il fallu vraiment « considérer » les électeurs du FN au lieu de diaboliser (ou de courtiser) puis de botter en touche et de laisser pour compte ?

Cherchera-t-on un jour à prendre le temps de désigner le MAL ? Il est de forte chance qu’il s’en charge à notre place, et que ce mal, c’est peut-être par la confusion et la revendication amalgamées qu’on le nourrit un peu plus.

 

Marc Bozec.

 



08/01/2014
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