dette et fragment (18/01/13)

 

Quid de la dette symbolique face à la fragmentation ?

La première renvoie à une certaine unité inscrite dans une temporalité, celle de l’histoire qui est la nôtre, en rapport avec nos origines familiales.

On ne peut s’en affranchir ni même la rembourser et  elle concoure à notre identité, à l’identification de qui nous sommes et d’où nous venons.

Face à cette temporalité de filiation, l’instantanéité du fragment, dont on sait qu’il est dans l’instant de son émission et dans le déni de toute origine.

On voit qu’il y a bien là un hiatus radical qui peut éclairer les relations parents-enfants.

Si ces derniers sont de plus en plus auto-référencés, leurs géniteurs se retrouvent, eux, dans une sorte d’impasse paradoxale : au lieu que de transmettre, ils émettent désespérément des signes devenus illisibles par leur progéniture.

Poussés à l’excès face à l’excès auquel ils sont confrontés, ce sont eux qui exonèrent leurs enfants de cette dette en tentant de la payer eux-mêmes : ils négocient leur statut de parents tout en le déconstruisant, face à des enfants tout puissants qu’ils hissent, par la négociation, au rang d’égaux.

Somme toute, ils essaient de recoller les morceaux, alors qu’ils sont confrontés à des fragments… Aussi voit-on de ces parents désemparés s’inscrire dans une tentative de dépendance, de fausse complicité, face à des enfants qui ont alors tout pouvoir de les manipuler et de les entraîner sur le registre de la culpabilité.

Pour peu, on pourrait parler d’une inversion de la dette….

 

Marc Bozec.



18/01/2013
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