Attention et concentration sont ...(04/01/14)

Pierrick.Hamelin
Quel dommage que nos nouveaux pédagogues, artistes-savants de l'ère numérique en cours, passent à côté de ces questions essentielles (qui ne concernent pas seulement les élèves, loin de là ) : l'attention, la concentration, lesquelles sont mises à mal aujourd'hui, comme le montre cet article...Il est grand temps de prendre, comme tu le fais ici, en considération ces questions, et celle de la volonté. Il faut le faire avec Bernard Stiegler, évidemment, et d'autres, je pense à quelqu'un comme Csikszentmihalyi, psychologue hongrois, qui a conduit des travaux intéressants sur ces questions ( certes discutables mais intéressants ) et pour qui le bonheur de chacun, les satisfactions dans la vie, dépendent de la concentration dont notre conscience est capable sur des tâches qui mobilisent toutes nos compétences...Mais tout cela doit paraître un faux problème à nos penseurs du nouveau monde de l'éducation, gentils pousseurs de "petite poucette" ( Serres)...Bon courage.

 

 

En réponse à Pierrick Hamelin :

 

C’est parfois à se demander s’il n’y a pas un choix délibéré de passer outre le réel, du moins le principe de réalité : c’est pour le moins ce qui semble animer nos politico- pédagogues, artistes-savants comme tu le dis si bien et cocus de la réalité pour reprendre une de tes expressions très pertinente. C’est encore la temporalité qu’il faudrait convoquer là où ils se gaussent d’une modernité faite de l’immédiat.

 A quand par ailleurs les enseignants élus par les élèves ? Le terme d’élève ne devrait pas tarder à disparaître ; on parlait déjà des « apprenants », des « acteurs », mais sans doute faudra-t-il bientôt parler de « connecteurs »…

Nous sommes sans aucun doute à un tournant comportemental, et il nous faut l’analyser avant que d’y succomber.

Il me semble que rares sont ceux qui interrogent les présupposés de notre « tout numérique », et qu’encore une fois, lorsque l’on s’y commet, on a tôt fait de passer pour un rétrograde, voire un réactionnaire ; c’est particulièrement le cas en ce qui concerne la pédagogie qui, comme on le sait, est en perpétuel mouvement, « biffant ses propres graffiti du vendredi le samedi et ceux du samedi le dimanche » (G. Brassens « lèche-cocu »).

Connaissant les avatars de l’addiction à la tablette et de l’Ipad (2O%  de 17-19ans utilisent leur portable plus de sept heures par jour et 91%  des jeunes américains ne vont pas aux toilettes sans leur téléphone…), il faudrait peut-être que le système éducatif prenne le temps avant que de penser  céder aux sirènes de l’informatique à tout va et en dispense les élèves de l’école primaire.

Le rapport tactile au monde qui jusqu’alors prévalait dans les apprentissages est en passe de se réduire, au point que l’on commence à constater chez les « surconnectés »  un déséquilibre du développement du cerveau.

Par ailleurs, la légitimité passe aujourd’hui par les fourches caudines de la connection et de l’informatisation à l’excès. Connected people voilà notre destinée telle qu’orchestrée aujourd’hui. Mais une réflexion sur le bien fondé et la finalité de cette connection totale, voilà ce qui passe à la trappe au profit d’une apologie sans réel fondement de cette même connection. Si l’on doutait de la survie de la fragmentation, il me semble qu’elle a de beaux jours devant elle.

 

Marc Bozec.



04/01/2014
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