the economist(10/10/15)

Dans les propos régulièrement tenus ces derniers temps dans les médias, j’ai été assez surpris d’entendre parler de notre système éducatif en termes de rendement, d’investissement.

La dérive économiste d’une telle lecture peut en permettre une autre, toujours dans la logique de l’approche de l’excès par l’excès. Ne nous privons donc pas de la perche tendue…

Envisageons d’abord ce qui relève de la surenchère, à savoir le comportemental. On parle ainsi de savoir être face à la tâche. Ce qui prime aujourd’hui semble plus être une pieuse  modélisation, à la manière d’un ex voto, qu’une réelle solution face à la baisse de motivation et de travail fourni par les élèves. Il semble aujourd’hui qu’il faille investir dans l’être élève, sans pour autant que l’on sache vraiment ce à quoi cela aboutira : pas d’étude de marché ; on lance le produit en lissant les courbes anglo-saxonnes de réussite.

Par ailleurs,  Il y a déflation  du savoir, de la connaissance : trop d’offre par rapport à la demande, ou tout du moins excédent par rapport aux capacités du marché…Il faut alors, somme toute, relancer ce marché et pour cela ouvrir les vannes du crédit. Ainsi on crédite l’élève d’un pouvoir consommer et on espère qu’il s’orientera dans le sens attendu. Pour renforcer le procédé, on dévalue le savoir pour le rendre plus accessible à la consommation. Le vecteur psychologique, incontournable dans notre société maternante, est censé jouer un rôle prépondérant dans la relance, en s’appuyant sur la jouissance du consommer.

Ce qui est récurent, c’est la mise en cause de la courroie du système, à savoir les enseignants. Les élèves ne sont évoqués qu’en termes de préjudice subi et de souffrance psychologique. Ils n’ont plus la foi en leurs pédagogues et ces derniers ont connu une dévaluation dont ils ont du mal à se remettre. Ils ont beau produire à flux tendu, que ce soit du temps ou des supports, rien n’y fait, la crise perdure.

De plus, on va demander aux élèves d’être leur propre évaluateur, ce qui ne va guère simplifier la cotation des actions.

Dans cette approche plutôt libérale, quel sera le rôle de l’Etat ? Désengagement ou interventionnisme ? Pourra-t-il être l’acteur de la relance ? Et la Chine dans tout cela ? N’est-elle pas en tête du rapport PISA ? Mais quelle souplesse dans les classes chinoises…

A  n’en point douter, il faudrait faire l’économie de l’élève pour provoquer la relance, ce dans le cadre d’une gouvernance des plus souples !

Marc Bozec. (article paru in « the econofumist » 2015)



10/10/2015
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