Le Pen et Jean Baudrillard (26/12/15)

« Voué au mal et à l’immoralité, Le Pen rafle toute la mise politique, le solde de tout ce qui est laissé pour compte, ou franchement refoulé, par la politique du Bien et des Lumières. Plus se durcit la coalition morale contre lui - signe d’impuissance politique- plus il tire le profit politique  de l’immoralité, d’être le seul du côté du mal. (…) Notre société démocratique, c’est la stase - Le Pen, c’est la métastase. La société globale périt d’inertie et d’immunodéficience. Le Pen est la projection visible de cet état viral, sa projection spectaculaire. »

 

Une analyse de Jean Baudrillard(1) qu’il n’est pas inutile de relire. Il s’agissait, bien sûr, du père.

 

 L’avènement de la fille n’est sans soute pas sans lien avec ce que notre société a aujourd’hui d’incestuel. Il n’est pas non plus à négliger la réversibilité de toute chose : la moralisation des propos qui dénoncent l’absence de tout programme du FN, n’est-elle pas un exutoire, une forme de détournement face à l’impuissance du politique à s’inscrire dans un   programme tel qu’il soit ?

 

Le FN révèlerait ainsi autant qu’il contaminerait. Y aurait-il une sorte de « fatalité du même », pour reprendre une expression du même auteur ? Et le politique qui s’extrait de plus en plus du symbolique par le simulacre pour jouer la carte du consumérisme électoral, marquerait-il ainsi les jalons de sa propre fin ?

 

Marc  Bozec.

 

1 « De l’exorcisme en politique ou la conjuration des imbéciles (7/5/97) in Ecran total, » chez Galilée.



26/12/2015
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