justice et big data '03/03/17

Une start up est à l’œuvre qui propose aux avocats d’estimer les probabilités de réussite de leur action en justice. Pour cela, elle  compare le contenu et la forme à celles de procédures antérieures, lesquelles sont répertoriées sur un support informatisé organisé par un logiciel  à vocation prédictive.

Cela va donner une toute signification au terme « d’action en justice » : on peut y voir maintenant un aspect économique de cotation, de gestion, d’optimalisation de l’acte, de rentabilité. On est bien loin de l’ancien pot de vin sensé amadouer l’adversaire !

S’il y avait une dimension de l’aléatoire et de la destinée dans ce qui relevait de la procédure judiciaire, nous sommes aujourd’hui dans une dimension toute autre : celle du numérique, du «  big data », de la compulsion et de la performance.

Voilà sans doute un fait de société qui serait le pendant au nouveau sujet maintes fois évoqué dans ce blog. Pour être tout à fait contaminée, il ne reste à la procédure qu’à adopter l’excitation et le pulsionnel…

Faut-il  voir, dans ces nouvelles pratiques, la substitution au hasard, qui fut somme toute une forme de croyance face à l’inéluctable et qui se serait métamorphosée en  conjuration informatique ? Le destin serait-il alors en passe de disparaître au profit du prédictif numérique ?

A moins que ce même numérique ne soit devenu lui-même le destin fractal et fatal de l’homme ?

 

Marc Bozec.



05/03/2017
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