Juste le temps dun livre (19/02/16)

Harper Lee vient de mourir. Mondialement célèbre, elle le fut suite à l’écriture d’un roman, puis n’écrivit plus rien. D’aucuns évoquent la pression de l’exigence comme raison de son silence : aurait-elle pu écrire un autre ouvrage avec autant de talent? Peut-être avait-elle tout simplement délivré son message et ne trouvait-elle plus rien à redire…

Ce qui m’interpelle, c’est qu’en ces temps de production effrénée, d’instantanéité tyrannique, de fragmentation, nous arrive une nouvelle qui va à l’encontre de tout cela : quelqu’un a pris le temps de ne pas produire, de ne pas se produire, en toute simplicité…

J’avoue que j’ai un fort élan de sympathie pour cette femme, ce d’autant que comme cela fut déjà le cas, je déblogue intentionnellement, ce, par esprit de contradiction (on a l‘esprit où l’on peut, et il n’est pas exclus de le mettre en vacance).

Cela relance sans doute la question du pourquoi écrire quand on cherche à regarder le monde de manière quelque peu distanciée. Tout va tellement vite qu’on se demande même si cette vitesse n’aurait pas pour but, sur le mode centrifuge, de nous étourdir un peu plus dans la tentative de lecture que nous proposerions. Prendre la vitesse de vitesse, si l’on voulait appliquer les axiomes baudrillardiens sur l’excès, risque de rapidement nous étourdir et nous absorber.

Reste peut-être le fragment comme unité de mesure et d’écriture ; encore faut-il prendre le temps de le penser…

M Bozec



20/02/2016
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