burkini : émoi, émoi, et moi... (16/08/16)

Burkini, raccourci entre burka et biniki ; le mot porte en soi une contradiction qui semble encore n’avoir pas été relevée. Serait-ce cette même contradiction qui génère la vindicte de nos politiques et les déstabilise, le premier ministre en tête, lequel a cru bon de se fendre d’un communiqué somme toute assez ubuesque.

Cette contradiction, qui frise le paradoxe, est que ce qui demeure voilé suscite toujours le désir d’une révélation : c’est dans le voile, dans le drapé que se nourrit Eros ; et quoi de plus érotique que la promesse d’un corps féminin dont un tissu mouillé épouse les formes…

 Si ce qui est par trop révélé par la banalisation perd de sa charge érotique (ainsi en va-t-il du port du bikini), voilà que ce que l’on dissimule a le pouvoir de raviver cette même charge et d’en faire une charge qu’on qualifierait pour peu de terroriste !

Y aurait-il là le signe d’une réversibilité à l’œuvre ? L’austérité revendiquée se faisant ainsi érotisme. D’aucuns, fondamentalistes de tout poil, semblent avoir cédé, contre leurs propres dictats religieux, à un éloge  contradictoire du corps, alors que d’autres s’en tiennent à une immédiateté émotive d’un réel dont ils ne cessent de vouloir éprouver la lisibilité.

 

Il semble cependant que le monde n’ait pas levé tous ses voiles…

 

Marc Bozec.



17/08/2016
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